Les élections Municipales 2020 seront-elles le tournant de la participation citoyenne ? 

C’est en tout cas le souhait de nombreux citoyens, qui s’expriment pour une démocratie locale plus directe et plus participative. Les candidats aux Municipales semblent avoir entendu cet appel. Les programmes co-construits et les promesses d’un mandat plus participatif se multiplient ou se renouvellent, notamment dans les métropoles (Paris, Bordeaux, Grenoble…). Mais la participation citoyenne ne doit surtout pas devenir l’apanage des grandes villes. Plus qu’une simple ligne sur le programme des élections, elle constitue un engagement et une opportunité majeure pour les futurs maires. Tout sauf une promesse en l’air. 

Une grande attente des citoyens pour les Municipales 2020

Les sondages sont nombreux et ne laissent pas vraiment de place au doute. Dès juin 2019, 89 % des citoyens considéraient que les candidats aux Municipales 2020 devaient co-construire leur programme avec eux. 71 % faisaient de l’écoute des habitants une priorité.

Une tendance de fond qui s’exprimait déjà en 2018, hors période électorale, dans une étude de l’Observatoire des usages émergents de la ville. 3/4 des Français souhaitaient pouvoir s’impliquer davantage dans les grandes décisions concernant leur quartier ou leur commune. 64 % réclamaient la mise en place d’un budget participatif. Un dispositif utilisé par 6 communes en 2014 et plus de 200  aujourd’hui, de toutes tailles. 

Extrait de l’infographie de l’Observatoire des usages émergents de la ville

Pour filer la comparaison avec 2014, ajoutons que les listes citoyennes sont passées d’une anecdotique dizaine à une estimation de 300 à 400 pour les Municipales 2020.

Les contributions au Grand débat national prouvent également l’appétence des français à la participation. On en recense 1.932.881 en tout (1.364.000 contributions aux questions fermées et 569.020 contributions aux propositions ouvertes).

Citoyens et maires :  une volonté commune d’être entendus 

On ne peut évidemment pas séparer ce désir de participation d’une dimension sociale profonde. Les citoyens ont besoin de se faire entendre et de se donner les moyens d’agir. L’échelle locale est l’échelle la plus accessible pour se mettre en action. C’est aussi le lieu de la confiance : 71 % des citoyens font avant tout confiance à leur maire devant l’ensemble des autres élus. Un lien (précieux) qui les raccroche aux institutions. Les Municipales 2020 sont l’occasion de renouveler ce lien, d’unir les voix, et de porter ensemble les revendications des collectivités ( justice sociale, accès aux services publics, budgets en berne, déserts médicaux, inégalité d’accès à l’emploi, etc.).

Reste à savoir comment communiquer et travailler efficacement entre citoyens et élus. Là aussi, la participation citoyenne offre une belle opportunité.

Intégrer les citoyens aux grandes lignes du programme municipal

La participation citoyenne peut être vécue comme une menace par les élus, qui voient leur statut régalien fragilisé. Si elle modifie forcément le rôle du maire (et nous l’évoquerons), elle ne vise absolument pas à les remplacer pour autant. La participation citoyenne vient renforcer le programme municipal. Elle permet au maire de solliciter la population sur des thèmes précis, définis lors de la campagne : améliorer la propreté de la ville par exemple, rénover le centre-ville, définir les priorités environnementales, etc. Les contributions des citoyens permettent de cerner des besoins concrets, voire de repérer certaines tendances sous évaluées. Les outils de participation numérique facilitent le dialogue, mais aussi l’implication de certaines populations, notamment les jeunes ou les actifs (moins disponibles pour des réunions publiques ou des conseils de quartier).

Outre cet aspect pratique, la participation citoyenne permet de prendre en compte une complexité nouvelle. Environnement, pouvoir d’achat, justice… Les combats et les priorités des citoyens sont devenus pluriels, si bien que l’action environnementale peut parfois passer devant les préoccupations économiques et vice versa. Consulter fréquemment les citoyens est un moyen de ne pas se laisser surprendre par cette complexité, d’analyser régulièrement les tendances et de mieux affiner son programme municipal.

Sentant plus de confiance et de transparence, les habitants se mettent plus facilement en action. La frustration laisse place à la réflexion et la collaboration. Le programme est moins remis en cause et peut se dérouler de manière plus fluide.

Les Municipales 2020 : le point de départ d’une nouvelle collaboration 

La participation citoyenne a largement avancé depuis 2014 en termes d’outils, de sensibilisation et de méthodologie. Malheureusement, un fossé perdure entre les métropoles et les communes moins grandes, encore peu équipées d’outils numériques de participation citoyenne. 81 % des métropoles vs 29 % des grandes villes (de plus de 100 000 habitants) et seulement 4 % des villes petites et moyennes (entre 5 000 et 100 000 habitants). L’Etat a sa part de responsabilité dans l’acculturation des communes. Mais ces dernières ont aussi un rôle moteur à jouer. La démocratie locale ne sera fera jamais sans leur expertise et leur adhésion.

L’organisation du Grand Débat national, par exemple, a soulevé des failles organisationnelles et des réticences qu’il reste à traiter. Les 6 années de mandat des Municipales 2020 doivent servir à s’y atteler en profondeur. C’est une opportunité de réinventer les règles au niveau local, en collaboration avec les citoyens. L’opportunité aussi de faire preuve d’audace et d’expérimentation. Et si on imaginait des nouvelles façons de communiquer sur le prochain événement de la ville ? Si on organisait un sondage sur la piétonisation du centre-ville ? Si on fixait une enveloppe pour un budget participatif ? Si on commençait à sensibiliser les équipes municipales à la participation ?  

Le changement n’a pas besoin d’être brusque pour être efficace. Il demande néanmoins de la conviction et une nouvelle organisation du processus décisionnel. Le rôle des maires se métamorphose lui aussi : garants d’une démocratie vivante, facilitateurs des actions citoyennes, gardiens d’une gouvernance collaborative… Leur force sera de trouver les leviers que d’autres n’osent pas actionner. 

Et si on se lançait vraiment, avec les Municipales 2020 ?

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