Les résultats du baromètre de la confiance politique

La semaine dernière le Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) publiait la 10e édition de son baromètre de la confiance politique. Si les citoyens sont en proie au doute, plusieurs entités et figures incontournables, de par la proximité qu’elles évoquent, conservent à leurs yeux un crédit certain ; en particulier les services publics, les PME et les maires qui pour ces derniers inspirent confiance à 58 % de nos concitoyens.

De la méfiance à la défiance

Les Français perdent foi, que ce soit en l’avenir, en leurs représentants voire en leur régime. S’il est loin d’être inédit, jamais le constat n’avait été jusqu’à présent asséné aussi catégoriquement : la confiance dans les institutions qui ont structuré la société au XXe siècle s’effondre. Ainsi la majorité des citoyens n’accorde plus la leur à l’Église catholique (38 %, soit une perte de 5 points en un an), aux syndicats (27 %), aux médias (23 %) ou aux partis politiques (9 %).

Cette défiance s’étend à nos représentants dont la capacité même à ressentir de l’empathie pour leurs concitoyens semble mise en doute, 85 % des sondés considérant que les politiques ne se préoccupent pas des Français comme eux. Plus inquiétant, pour 70 % la démocratie en France ne fonctionne pas bien, soit une hausse de 9 points par rapport à l’an dernier, et 60 % estiment que la situation économique du pays s’est dégradée.

70 % des Français n’ont plus confiance en l’État.

Les rescapés

L'engagement des citoyens auprès des maires de France

58 % des Français ont encore confiance en leur maire (+3 points vs 2017).

Outre les services publics — hôpitaux, police, école — qui recueillent encore un important soutien des Français (respectivement 78, 74 et 69 %), les PME (78 %) demeurent appréciées ; toutefois, dès lors qu’on s’attarde du côté des institutions politiques, la perte de confiance s’amplifie : l’Assemblée nationale (23 %), le Sénat (26 %) et les instances transnationales comme l’Union européenne (23 %) et le G20 (19 %) régressent de 3 à 6 points. Seul le conseil municipal excède les 50 %, talonné par les conseils général et régional (43 et 41 %). Cette embellie de la représentation locale se confirme chez les élus : tandis qu’à la veille des élections européennes le député européen (23 %) n’inspire guère, le maire parvient, lui, à fédérer même au cœur de la crise des gilets jaunes (58 %).

Vers un (véritable) renouveau démocratique ?

En dépit de son alarmisme, ce baromètre apporte donc des éléments de réponses à la question qu’il convient de se poser : sur quels fondements (re)bâtir la démocratie demain ?

Certainement pas les réseaux dits sociaux : seuls 13 % des citoyens leur font confiance et on a pu constater ces derniers mois les nombreux biais dont ils souffrent, leur porosité ainsi que leur incapacité à se constituer comme des espaces de débat neutres et sereins, préservés des manipulations (notre article sur le sujet ici). En revanche, c’est bien la figure du maire qui pourrait relancer la participation citoyenne, et pour cause, celle-ci cristallise les espoirs y compris au plus haut niveau de l’État : le Président de la République rappelait dans sa récente lettre leur « rôle essentiel car ils sont [nos] élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens » et, joignant le geste à la parole, il recevait le 14 janvier Vanik Berberian, président de l’Association des Maires Ruraux de France, afin que ce dernier lui remette les doléances collectées lors de l’opération #MairieOuverte, dont Fluicity a assuré la déclinaison numérique via un espace dédié.

Alors que les limites de la centralisation sautent aujourd’hui aux yeux des observateurs, c’est bien ce parti pris du local qu’a choisi Fluicity, à savoir faire en sorte que la relation privilégiée entre les maires et les citoyens devienne la pierre angulaire de la démocratie du XXIe siècle, en tirant le meilleur parti du numérique.

L'espoir de l'engagement citoyen

Car malgré le climat tendu qui règne en ce début d’année, la démocratie, à condition de se réformer a encore de beaux jours devant elle : la politique intéresse de plus en plus (53 %, + 2 points) et 74 % des citoyens sont convaincus qu’ils peuvent changer la société par leurs actions, ce qui nourrit un bel espoir en ce qui concerne l’engagement citoyen. Bien qu’ils lui adressent des reproches, une majorité de Français (80 %) fait sienne l’idée que la démocratie « peut poser des problèmes, mais c’est quand même mieux que n’importe quelle autre forme de gouvernement » formule qui n’est pas sans rappeler celle de Winston Churchill : « La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres ».

Reste à lui donner un nouvel élan.

Maires, demandez un espace en ligne -> https://get.flui.city/mairie-ouverte/

Citoyens, inscrivez-vous sur Fluicity -> https://get.flui.city/

Le baromètre (menée du 13 au 24 décembre) : https://bit.ly/2D2Bf0L

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